PEL et CEL: savoir les utiliser
au bon moment
Souples, rentables et peu contraignants,
les plan et compte d'épargne logement sont destinés à
encourager les épargnants à devenir propriétaires. Ces
deux formules commencent par un phase d'épargne rémunérée
et aboutissent à l'attribution d'un crédit immobilier à
un taux avantageux et à une prime versée par l'état.
Placements sûrs et tranquilles les compte
et plan d'épargne logement sont destinés à encourager
ceux qui disposent d'une capacité d'épargne relativement modeste
dans le cadre du CEL et plus importante pour le PEL, à s'engager dans
la voie de l'investissement immobilier en toute sérénité.
L'idée qui préside au fonctionnement de ces deux formules de
financement est simple. En premier lieu, sous prétexte
d'une rémunération quelque peu plus élevée que
le taux d'inflation, elles obligent ceux qui auraient le projet d'acquérir
un logement à accumuler une épargne au cours d'une période
plus ou moins longue selon la formule retenue. Ensuite, pour finaliser l'opération,
un prêt immobilier dont le montant varie selon la durée et l'importance
de l'effort d'épargne est accordé à un taux d'intérêt
sans concurrence (voir le rappel des taux pratiqués depuis 1986). Enfin,
une prime de l'état, variable selon l'importance du crédit immobilier
accordé est versée à celui qui emprunte dans le cadre
desdites dispositions. Ce faisant, l'épargne accumulée, synonyme
d'apport personnel, transforme ipso facto le futur candidat à l'investissement
immobilier en un client apprécié auquel les banquiers n'hésitent
pas à proposer des prêts complémentaires très compétitifs.
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REMUNERATION DES SOMMES VERSEES
SUR UN CEL
|
| Années |
1986 |
1994 |
1998 |
1999 |
2000 |
| Taux |
2.75 |
2.25 |
2 |
1.50 |
2 |
|
REMUNERATION DES SOMMES VERSEES
SUR UN PEL
|
| Années |
1986 |
1994 |
1998 |
1999 |
2000 |
| Taux |
6 |
5.25 |
4 |
3.60 |
4.50 |
|
TAUX D'INTERET DES PRETS ACCORDES
AU TITRE DU CEL
|
| Années |
1986 |
1994 |
1998 |
1999 |
| Taux |
4.25 |
3.75 |
3 |
3.5 |
|
TAUX D'INTERET DES PRETS ACCORDES
AU TITRE DU PEL
|
| Années |
1986 |
1994 |
1998 |
1999 |
| Taux |
6.32 |
5.54 |
4.31 |
4.97 |
Il reste cependant que les deux formules répondent
à des attentes différentes. La durée minimale d'épargne
est de 18 mois seulement pour le compte et de 4 ans pour le plan. Le CEL est
aussi plus souple. Il permet de retirer et de déposer librement des
sommes dans une limite de 15 300 € et l'obtention d'un prêt après
de 18 mois d'épargne seulement à un taux de 3,50 %. Pour le
plan d'épargne ce taux est de 4,97 %. En contrepartie, le rendement
maximal, intérêts plus prime, est de 3 % contre 4,5 % dans le
cadre du PEL. Enfin, la prime de l'état n'est versée que si
le prêt est demandé.
Le Compte d'Epargne Logement
A l'instar d'un compte bancaire, le CEL permet de retirer ou de déposer
librement de l'argent auprès des Caisses d'épargne et des banques
et organismes de crédit habilités par l'Etat. Il permet, après
18 mois d'épargne, d'obtenir un prêt destiné à
financer une acquisition immobilière ou des travaux. Créé
en 1965, le CEL a été mis en place pour encourager le financement
de la construction, de l'acquisition, de l'extension ainsi que certaines dépenses
de réparation et d'amélioration de la résidence principale.
Par la suite, l'objet du PEL s'est étendu au financement des résidences
secondaires et depuis 1993, au financement de la souscription de parts de
SCPI spécialisées dans le logement.
Toute personne physique peut ouvrir un CEL. Toutefois,
il ne peut être ouvert qu'un seul compte par personne, mais un cumul
avec un plan d'épargne logement est possible à condition que
les deux comptes soient ouverts dans le même établissement. Ajoutons
que les personnes fiscalement domiciliées à l'étranger
peuvent ouvrir un CEL, mais le prêt ne peut financer qu'un bien immobilier
situé en France et dans les DOM.
Pour ouvrir un CEL, un dépôt initial
de 300 € minimum doit être accompli. Par la suite, les versements
ultérieurs doivent être au minimum de 75 €. Ouvert pour
une durée minimale de 18 mois, il peut être déposé
15 300 € au maximum et ce plafond ne peut être dépassé,
y compris par la capitalisation des intérêts. Des retraits peuvent
être faits à vue à condition toutefois qu'ils ne fassent
pas descendre le montant du compte à un niveau inférieur au
montant du dépôt initial soit 300 €.
LA REMUNERATION DE L'EPARGNE ET L'ATTRIBUTION
DU PRET
Depuis le 1er juillet 2000, les fonds versés sur un CEL rapportent
2 % par an, soit 1,80% si l'on tient compte des prélèvements
sociaux (CRDS et CSG). Les intérêts sont calculés par
quinzaine et sont capitalisés une fois par an le 31 décembre.
Pour mémoire, les CEL ont rapporté
- 2 % à compter du 1er juillet 2000,
- 1,5 % en 1999,
- 2 % en 1998.
- 2,25 % en 1994,
- 3,25% en 1986.
Après une période d'épargne
minimale de 18 mois et à condition d'avoir acquis un montant minimum
d'intérêts actuellement fixé à 75 € pour prétendre
à un prêt d'accession à la propriété ou
à la construction, 37 € pour les travaux de réparation
ou d'amélioration ou 22,5 € pour les travaux d'économie
d'énergie, un prêt maximum de 22 867 € est accordé
en proportion des intérêts acquis pendant la période d'épargne.
Ce prêt, accompagné de la prime maximale de 1 143 € versée
par l'état est remboursable sur une période de 2 à 15
ans au taux de 3 % depuis le 1er août 1999. (Pour mémoire le
taux de ce crédit était de 3,5 % en 1998, 3,75 % en 1994, 4,25
% entre 1986 et 1994).
| A la différence du plan d'épargne
logement, la prime accordée dans le cadre du compte épargne
logement n'est versée par l'Etat que s'il y a demande effective
de prêt. Un postulant emprunteur qui ne réalise aucune acquisition
immobilière n'a donc pas droit à la prime
Cette prime,
exonérée d'impôt sur le revenu est égale à
une fraction des intérêts acquis à la date de la demande
du prêt. Depuis juin 1998, elle représente un peu plus de
la moitié des intérêts acquis (5/9). |
UN CEL POUR FINANCER QUOI?
Le prêt obtenu au titre du CEL peut être utilisé pour construire
ou acheter une résidence principale neuve ou ancienne. Le logement
doit servir de résidence principale soit à l'emprunteur, soit
à l'un de vos ascendants ou à l'un de vos descendants. Le logement
peut aussi servir de résidence principale à un locataire ayant
signé un contrat de location vide. Il peut également servir
à financer une résidence secondaire, à condition que
celle-ci soit neuve et qu'elle soit utilisée à titre personnel
ou familial.
D'autre part, le prêt peut servir à
acquérir un parking ou une place de stationnement située à
proximité de la résidence principale lorsque celle-ci appartient
à l'acquéreur ou au financement d'un terrain à construire
si le prêt finance simultanément les dépenses de construction.
Enfin, le prêt peut être demandé
pour financer des travaux dans une résidence principale ou secondaire.
Ces travaux peuvent entraîner une modification de la surface habitable
du logement par surélévation, extension, aménagement
ou division du logement. Ils peuvent être destinés à équiper,
moderniser, conserver, assainir ou améliorer le confort du logement
à l'exclusion des travaux de menu entretien ou enfin viser des économies
d'énergie. Le CEL est cumulable avec un prêt acquis au titre
d'un PEL. En cas de cumul de prêt plan et de prêt compte détenu
par le même titulaire, le montant maximum du prêt peut atteindre
92 000 €. Il peut être tenu compte des intérêts acquis
sur les CEL des membres de la famille (conjoint, ascendants ou descendants
du bénéficiaire ou de son conjoint) dès lors que les
comptes sont ouverts depuis plus d'un an et que l'un d'entre eux soit ouvert
depuis dix-huit mois au moins.
L'IMPORTANCE DE L'APPORT PERSONNEL
Pour négocier les meilleures conditions de taux,
l'emprunteur doit donner confiance au prêteur de fonds. Rien ne
vaut mieux alors que de pouvoir mettre en avant un apport personnel consistant.
Il est ici question de la somme d'argent dont dispose un candidat emprunteur
et que celui-ci s'apprête à investir dans son projet immobilier.
Ce qui est en jeu, c'est le risque du banquier lequel est inversement
proportionnel au montant de cette somme. Plus l'apport est substantiel,
moins grand est le danger pour le banquier de ne pas récupérer
sa mise en cas de catastrophe. Dans ce cas, c'est le juste retour des
choses, le bon client bénéficie des meilleures conditions
financières possibles. Pour grossir l'apport personnel, toutes
les sommes sont bonnes à prendre. Sont prises en compte celles
dont dispose le candidat emprunteur au titre de son compte ou de son plan
d'épargne, celles qui résultent de la liquidation des actions
ou des obligations, des SICAV et autres fonds de placement, les revenus
acquis au titre de la participation aux bénéfices des entreprises
et également les différentes sommes données ou prêtées
à des conditions très avantageuses par l'entourage. |
LE PLAN D'EPARGNE LOGEMENT
Moins souple mais plus rentableque le CEL, le plan d'épargne
logement conjugue deux avantages décisifs.Pendant 4 ans, sous la forme
d'une obligation d'épargner, c'est un placement qui offre un rendement
de 3,84 % net d'impôt et une prime de l'Etat pouvant atteindre 1 525
€. D'autre part, au terme de la période d'épargne précitée,
le PEL permet de bénéficier depuis juillet 2000, d'un prêt
à 4,97 % qui rivalise largement avec n'importe quel prêt à
taux fixe.
A QUI S'ADRESSE LE PEL?
Le PEL concerne tous ceux qui disposent d'une capacité
d'épargne. Au terme d'une période minimale de 4 ans pendant
laquelle l'épargne est bloquée, un prêt immobilier dont
le montant varie en fonction de l'importance des intérêts acquis
et de la durée de remboursement du prêt peut être accordé.
Accessible à tous, le PEL débute par un versement initial minimum
de 225 €. Il continue avec des versements périodiques d'au moins
540 € par an, soit 45 € minimum par mois. Depuis le juillet 2000,
les dépôts plafonnés à 61 200 € sont rémunérés
au taux de 4.5 %. Les intérêts sont exonérés d'impôt
sur le revenu, y compris la prime d'épargne versée par l'Etat.
Ils supportent toutefois la CSG et la CRDS.
UN PELPOUR ACHETER QUOI ?
Le PEL permet de faire construire ou d'acquérir une
résidence principale, neuve ou ancienne, à usage personnel ou
locatif, ou bien de faire construire ou d'acquérir une résidence
secondaire neuve à usage personnel ou locatif. Le PEL permet aussi
de réaliser des travaux (extension, aménagement, modernisation,
économies d'énergie à l'exclusion de ceux concernant
le menu entretien) dans la résidence principale ou secondaire. Cela
dit, le plan d'épargne logement permet d'acheter un parking situé
à proximité d'une résidence principale ainsi éventuellement
qu'un terrain à construire à condition que le prêt finance
simultanément les dépenses de construction. Enfin, ce prêt
aidé peut servir à l'achat de parts de SCPI lorsque les immeubles
acquis par la SCPI sont affectés pour 90 % au moins de leur superficie,
à un usage d'habitation.
LE MONTANT DU PEL:
Le montant maximal du prêt alloué au titre du
PEL est de 92 000 €. Toutefois, le montant du prêt dépend
des intérêts acquis pendant la phase d'épargne et de la
durée pendant laquelle vous envisagez de rembourser le prêt qui
vous est consenti.
COMMENT GERER SON PEL?
La gestion du PEL suppose un minimum d'attention. En effet,
tant que la prime maximale plafonnée à 1 525 € n'est pas
atteinte, le PEL reste un produit performant par comparaison au taux actuel
d'inflation. Dès que le plan a atteint son rendement optimal, c'est-à-dire
lorsque les sommes épargnées ont généré
1 525 € de droit à prime, il est recommandé d'ouvrir un
second plan d'épargne logement au nom de son conjoint ou de l'un de
ses enfants. En effet, les membres d'une même famille peuvent se céder
leurs droits à PEL et ainsi s'entraider pour devenir propriétaires
à condition que les bénéficiaires de la cession des droits
à PEL disposent eux-mêmes de droits à prêt issus
de leur propre plan d'épargne.
Au bout de quatre ans d'épargne, et ce
depuis juillet 2000, un prêt à 4,97 % dont le montant est calculé
dans les conditions précitées peut être souscrit. Il n'y
a toutefois aucune obligation à cet égard. Le plan peut être
prorogé mais la durée totale d'épargne ne peut pas excéder
dix ans, ce qui permet de continuer de bénéficier de la rémunération
de l'épargne. Signalons enfin que lorsque les droits à PEL sont
cédés, le montant de la prime est réduit de moitié.
Bon à savoir: mieux vaut, dans la mesure
du possible, placer dès l'ouverture du plan une somme importante
au titre de l'apport initial. Cette somme produit rapidement le maximum d'intérêts.
Il est ainsi préférable de placer intégralement et immédiatement
un apport de 15 000 €, plutôt que d'épargner 75 000 €
et de verser ensuite 48 versements mensuels de 156 €. Dans le premier
cas de figure, les droits à prêts générés
sont supérieurs de plus de 30 % à ceux obtenus dans le deuxième.
Mais la médaille a son revers. Il n'est
pas possible d'effectuer des retraits partiels d'un PEL, ni pendant, ni même
après la période d'épargne de quatre ans. Lorsque le
PEL est clôturé dans les deux ans à compter de sa date
d'ouverture, les intérêts sont recalculés au taux du Compte
Epargne Logement en vigueur. Si la clôture intervient entre deux et
trois ans, les intérêts restent acquis mais la prime d'Etat et
les droits à prêt sont perdus. Enfin, entre trois et quatre ans,
les intérêts et les droits à prêt sont maintenus
mais la prime d'Etat est diminuée de moitié.
Quoi qu'il en soit, ces deux formules d'épargne
présentent un intérêt indéniable. Elles encouragent
très sérieusement chacun d'entre nous à thésauriser
ce fameux apport personnel qui rend chaque candidat emprunteur tellement appréciable
aux yeux des banquiers. Lorsque les prêts obtenus au titre du PEL et
du CEL ne permettent pas de boucler l'intégralité du financement
nécessaire à l'acquisition d'un logement, la recherche d'un
prêt complémentaire est alors grandement facilitée. Il
reste alors à l'emprunteur à réussir à tirer le
meilleur parti possible de l'excellente carte de visite que constitue l'épargne
préalablement faite sur un PEL ou un CEL.
|
Je me suis constitué
un apport personnel sans effort
Anne Hemme, une de nos lectrices nous explique comment
elle s'est constitué, sans effort, un substantiel apport personnel
en 24 mois. En décembre 1999 j'étais locataire, et j'ai
pris conscience nous dit-elle, des deux choses suivantes. Primo, je
dépensais 550 € tous les mois pour me loger et ce depuis
plus de 5 ans. Secundo, cette dépense logement allait
être inévitable tout au long de mon existence si je restais
locataire. J'ai donc décidé de franchir le pas et j'ai
acheté ma résidence principale avec une seule motivation:
en finir, une fois le crédit immobilier remboursé, avec
cette dépense logement mensuelle inévitable.
J'ai profité d'une
offre de financement intégral (incluant les frais de notaire)
et j'ai acheté un deux pièces neuf au prix de 60 000 €.
Mes remboursements étaient certes un peu plus élevés
que mon loyer antérieur, mais j'avais l'immense joie de me dire
que j'étais enfin propriétaire. Mais, cette satisfaction
ne fut pas la seule. Apprenant en décembre 2001 qu'un logement
neuf plus spacieux était à vendre dans son quartier, notre
lectrice s'est résolue à revendre son appartement pour
acquérir celui qu'elle convoitait. Profitant de l'excellente
tenue du marché et réalisant sa vente en trois semaines
seulement au prix de 67 000 €, Anne Hemme a récupéré
12 000 €. Cette somme (qui soit dit en passant représente
presque l'équivalent de vingt-deux mois de son ancien loyer de
550 €) a servi d'apport personnel pour le financement de son nouvel
appartement. Dans ce cas précis, l'apport personnel a consisté
en la plus-value (non imposable) réalisée ainsi que les
6000 € économisés au titre de l'amortissement
pendant les deux ans de remboursement de son crédit immobilier.
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L'incidence de l'apport personnel
sur le coût du crédit
Conséquence logique: lorsqu'il est pleinement rassuré par un
candidat emprunteur qui dispose d'un apport personnel jugé suffisant,
le banquier est enclin à lui accorder ses meilleurs taux. Il reste
cependant à recommander la vigilance à l'emprunteur et à
l'encourager à solliciter l'avis d'un autre établissement de
crédit afin de comparer l'offre qui lui est faite. Ceci étant,
la règle habituelle d'un endettement maximum de 30% des revenus mensuels
s'applique. Cette part d'endettement, qui s'apprécie après déduction
des charges de prêts immobiliers a été éprouvée
par la pratique. Elle permet à l'acquéreur de capitaliser confortablement,
sans être étranglé pour des remboursements trop élevés.
Ce ratio permet de parer aux charges qui incombent spécifiquement aux
propriétaires, notamment les impôts locaux (taxe d'habitation,
taxe foncière) et les frais de fonctionnement (chauffage, entretien
)
du logement. Rappelons que le plus souvent, par prudence, les prestations
familiales ne sont pas être prises en compte dans les revenus pour calculer
le seuil d'endettement. Celles-ci ne sont que provisoires, tandis que l'engagement
vis-à-vis du banquier est certain pour une durée de 10, 15 ou
25 ans... En revanche, il peut être tenu compte des aides (APL) et des
allocations au logement (AL) dont l'emprunteur est susceptible de bénéficier.
Plus l'apport personnel est substantiel, moins
grand est le risque pour le banquier de ne pas récupérer sa
mise en cas de catastrophe... Dans ce cas, c'est le juste retour des choses,
le bon client bénéficie des meilleures conditions financières
possibles et le taux proposé peut alors être inférieur
de 0,50 % à 0,75 % ou plus. Mais inversement, si le banquier accepte
un dossier risqué, ce qui est le cas lorsque le coût du remboursement
des crédits dépasse 30 % des revenus de l'emprunteur, il fera
alors payer son crédit bien plus chèrement.
Cela dit, en l'absence de compte ou de plan épargne
logement ou même d'apport personnel, l'emprunt immobilier reste possible.
Quitte à payer son crédit un peu plus cher, et à ne pas
hésiter à mettre plus encore que dans le cas précédent
les établissements prêteurs en concurrence et surtout, à
condition de rassurer son banquier, devenir propriétaire n'est pas
hors de propos, loin s'en faut. Des formules de financement qui autorisent
un financement intégral allant jusqu'à inclure la prise en charge
des frais de notaire existent. Ces opportunités correspondent généralement
à des campagnes promotionnelles mises en place à l'occasion
de lancements de certains programmes immobiliers et il arrive parfois que
des candidats à l'acquisition tirent de très grands bénéfices
de ces opérations (voir encadré ci-contre).
L'apport personnel pas toujours
nécessaire?
Le fait de ne pas avoir épargné en prévision de l'acquisition
d'un logement, n'est pas toujours synonyme d'impossibilité d'obtenir
un prêt immobilier. Certaines sommes prêtéesà des
conditions avantageuses sont assimilables à l'apport personnel. Mais
attention cependant. Même si le banquier qualifielesdites sommes d'apport
personnel, les mensualités de ces aides s'additionnent et doivent être
remboursées. Il en est ainsi notamment des prêts accordés
par une caisse de retraite ou une mutuelle, de ceux accordés aux fonctionnaires
ou des prêts consentis par un membre de la famille...
Des formules de financement à plus de
100 % peuvent exister mais elles s'adressent aux emprunteurs fortunés
qui ne risquent pas d'éprouver de difficultés du fait de ce
type de montage financier. Le plus souvent, s'ils sont prêts à
accorder 100 % du prêt, les établissements de crédit paraissent
toujours exiger que l'emprunteur finance les frais de notaires qui sont relativement
peu élevés dans le neuf, ainsi que ceux ayant trait aux garanties
(hypothèque ou privilège de prêteur de denier). Dans d'autres
cas plus particuliers, notamment pour les investisseurs qui empruntent pour
acheter un logement destiné à la location, l'endettement peut
faire partie d'une stratégie patrimoniale.
Dans de tels cas, les réductions d'impôts sont d'autant plus
importantes que les intérêts d'emprunts sont élevés.
Certains clients peuvent ainsi avoir intérêt à ne pas
investir dans l'apport personnel, mais plutôt à conserver
leurs placements tout en continuant de profiter de leur rémunération,
tandis que la banque conserve les placements en gestion.
L'assurance loyer impayé
en cas d'investissement immobilier
Lorsqu'un investisseur achète un logement destiné à la
location, il peut avoir fiscalement intérêt à dépenser
le moins possible au titre de l'apport personnel. Pour se rassurer lui-même
et pour donner toute confiance au banquier, l'assurance loyer impayé
permet de se prémunir du risque de cessation de paiement du loyer par
un locataire de bonne ou de mauvaise foi. Cette assurance intervient en cas
de déménagement du locataire à la cloche de bois en cas
de détérioration du logement et/ou des meubles. Variable selon
le coût, en général entre 1,75 et 3 % du loyer annuel
brut et les modalités de rédaction du contrat, cette assurance
prend le loyer en charge le temps nécessaire à la résolution
du litige avec le locataire. Parfois même, ces contrats prévoient
l'attribution d'indemnisations pouvant aller jusqu'à 4 mois de loyers
en cas de détérioration mobilière et immobilière
(la remise en état de l'appartement, les frais d'expert ainsi que ceux
consécutifs à la procédure d'expulsion et jusqu'à
2 mois de loyers pour compenser le temps nécessaire aux travaux et
la prise en charge des frais de la procédure judiciaire (avocat, huissier,
...).
La garantie de rachat
Certains promoteurs proposent de racheter, pendant une période pouvant
aller jusqu'à 15 ans suivant l'acquisition, le logement de tout acquéreur.
Cette garantie entre généralement en jeu lorsque surviennent
des événements particuliers : mutation géographique professionnelle,
diminution durable des ressources, chômage, divorce ou séparation
de corps, décès, incapacité ou invalidité permanente.
Les conditions de rachat sont variables. Elles vont de l'offre de prix égale
au prix de vente initial diminuée des frais de remise en état
et des frais liés au rachat et à la revente du bien sans être
inférieure à 80% du prix de vente initial.
L'assurance revente
Certains assureurs peuvent proposer en général pendant 5 ans
au maximum d'indemniser l'acquéreur d'un logement neuf en reversant
la différence entre prix d'acquisition et prix de revente lorsque la
vente est devenue nécessaire pour des raisons majeures semblables à
celles évoquées dans le cadre de la garantie de rachat. Généralement
le plafond de cette garantie est de 30 000 €.
Etienne Langevin