LES DIFFERENTS REGIMES DE DEFISCALISATION
Malraux, Pons, Besson et bientôt Paul. Ces noms résonnent dans l'histoire
de la défiscalisation comme autant de promesses d'économies d'impôts… Tour d'horizon.
Il fut un temps, pas si éloigné, ou l'investissement immobilier était réservé
aux contribuables les plus fortunés. On a d'abord eu recours aux incitations
fiscales pour encourager ceux qui en avaient les moyens, à investir dans la
rénovation et la conservation des monuments historiques, coûteux et peu rentables.
Il y a quelques années, au plus profond de l'atonie économique, la carotte fiscale
a été utilisée pour relancer le secteur entier de l'immobilier. Aujourd'hui,
avec le dispositif BESSON et la mise en place du statut de " bailleur social
" qui en est le corollaire, la défiscalisation immobilière apparaît comme un
dispositif à vocation " quasi sociale ". De fait, les mobiles des instigateurs
des différents régimes d'incitations ne manquent pas de légitimité. A défaut
d'être un fiscaliste chevronné, chacun peut éventuellement trouver dans l'éventail
des solutions permettant d'économiser des impôts, celle qui convient à son tempérament.
Quoi qu'il en soit, techniquement, la défiscalisation consiste à supprimer
les conséquences pécuniaires d'investissements non immédiatement rentables,
réalisés par les contribuables dans les secteurs que le gouvernement entend
privilégier. Ainsi, les déficits fonciers des investisseurs sont d'abord creusés
plus ou moins fortement. Ensuite, la prise en compte de ce déficit sur les revenus
des investisseurs est rendue plus ou moins efficace selon les différents dispositifs.
Actuellement, dans le cas le plus général, les déficits fonciers sont déductibles
du revenu global dans la limite annuelle de 70 000 F. La partie du déficit qui
excède 70 000 F est imputable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Enfin, lorsque le revenu global du contribuable est insuffisant pour absorber
le déficit foncier imputable, l'excédent du déficit s'impute sur les revenus
globaux des 5 années suivantes. Le dispositif Besson repose sur la même mécanique
mais il est orienté en faveur d'un secteur locatif intermédiaire. Le dispositif
Malraux permet aux propriétaires d'un immeuble situé dans un secteur éligible
d'imputer le déficit foncier résultant des dépenses de restauration immobilière
sur le revenu global, et ce, sans aucun plafond. Quant aux mesures concernant
les monuments historiques elles permettent aux propriétaires d'imputer les déficits
fonciers liés à la rénovation du bien et à son exploitation sur le revenu global.
La loi Pons quant à elle, encore en application pour quelques jours semble-t-il,
permet d'acquérir un logement neuf dans les DOM-TOM et ouvre droit, sous certaines
conditions, à une réduction d'impôt égale à 35 % du montant de l'investissement.
Enfin, pour ceux qui sont prêts à franchir le pas, existe le statut de loueur
en meuble professionnel. Les déficits d'exploitation créés dans la catégorie
des Bénéfices Industriels et Commerciaux sont imputables sur le revenu global.
La système des déficits fonciers
En dehors de tout dispositif fiscal d'incitation à l'investissement immobilier,
les contribuables propriétaires qui subissent un déficit (une perte) du fait
de l'immeuble qu'ils louent, bénéficient des mesures fiscales prévues dans ce
cas. A compter du 1er janvier 2000, les déficits qui résultent de dépenses payées
à compter cette date et qui ne résultent pas des charges représentées par le
remboursement d'intérêts d'emprunts, sont déductibles du revenu global dans
la limite annuelle de 70 000 F. Lorsque le déficit dépasse cette limite, il
est imputable (reporté) sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Par
ailleurs, lorsque le revenu global du contribuable ne permet pas d'imputer le
déficit foncier (limité à 70 000 F), celui-ci s'impute sur les revenus globaux
des 5 années suivantes. Signalons que la part du déficit qui résulte des intérêts
d'emprunts n'est elle seulement imputable que sur les revenus fonciers, pendant
10 ans.
Pour bénéficier de ce dispositif, le logement doit être loué de façon effective
et permanent jusqu'au 31 décembre de la 3ème année qui suit l'imputation du
déficit. Ces dispositions ne s'appliquent pas dans le cadre des dispositions
Malraux et des monuments historiques (voir ci-après).
Ce système présente l'avantage de la souplesse. Le délai de conservation du
bien est limité à 4 ans et les dépenses de rénovation sont avantageusement déductibles
sur les revenus fonciers ultérieurs. Enfin, dans ce cadre dit de droit commun,
les revenus fonciers bénéficient d'une réduction forfaitaire égale à 14 %.
La Loi BESSON
Depuis le 1er janvier 1999, le dispositif Besson d'incitation fiscale à l'investissement
immobilier à remplacé l'amortissement Périssol. Avec cette mesure, le gouvernement
souhaite inciter les contribuables à investir dans un habitat intermédiaire
(ente haut de gamme et niveau modeste). Pour ce faire, des avantages fiscaux
sont accordés aux propriétaires qui acceptent de louer vides, à des locataires
dont les ressources ne dépassent certains plafonds. En outre, le montant des
loyers doit être inférieur à certaines limites. Ce dispositif est prévu pour
s'appliquer le plus largement possible, puisque les conditions de ressources
des locataires sont censées être remplies par 80 % de la population française.
Enfin, un volet de sécurisation pour les bailleurs consistant en une garantie
contre les impayés de loyers et de charges accompagne ce dispositif afin de
le rendre définitivement attractif.
Le fonctionnement de l'avantage fiscal
Dans le neuf, le bailleur peut amortir, c'est à dire, imputer sur les
revenus de la location une partie du prix de revient du bien. En d'autres termes,
pendant une période déterminée, une fraction du prix de revient de l'immeuble
vient, au moment de la déclaration des impôts, en déduction des revenus fonciers
du bailleur. Le déficit qui en résulte entraîne mécaniquement une diminution
des impôts puisque l'assiette imposable est réduite. En l'occurrence, la somme
que le bailleur est autorisé à déduire est égale à 8 % du prix du bien pendant
les 5 premières années. Les 4 années suivantes, cette part est de 2,5 %. Enfin,
à l'issue de cette période de 9 ans, l'amortissement peut être renouvelé pendant
2 périodes de 3 ans, à raison de 2,5 % par an, soit donc à nouveau 15 % du prix
d'acquisition. Au bout du compte, en 15 ans, 65 % du prix de revient du bien
peuvent ainsi être déduits des revenus fonciers. Signalons qu'en même temps,
la déduction forfaitaire sur les loyers est réduite de 14 % à 6 %. Toutefois,
au terme de la période d'amortissement, le taux de 14 % s'applique à nouveau,
sauf à s'engager dans le dispositif Besson prévu pour l'ancien.
Dans l'ancien, l'avantage Besson consiste en un régime de déduction
forfaitaire majorée sur les revenus fonciers. Ce taux est égal à 25 % au lieu
de 14 % dans le cas général.
Les conditions de prix de la location et de revenus du locataire Dans le neuf
et dans l'ancien, le bailleur doit s'engager à louer son bien pour une durée
minimale. Dans le neuf, l'engagement est de 9 ans. Dans l'ancien il est de 6
ans. Les loyers quant à eux ne doivent pas dépasser les limites ci-dessous :
Plafonds de loyers :
Secteurs Loyer maximum
Paris et communes limitrophes (*) : 76 F/m²
Ile-de-France : 66 F/m²
Agglomérations de plus de 100 000 habitants (**) : 51 F/m²
Ailleurs : 46 F/m²
(*) Aubervilliers, Bagnolet, Boulogne-Billancourt, Charenton-le-Pont, Clichy,
Fontenay-sous-Bois, Gentilly, Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine, Joinville-le-Pont,
Le Kremlin-Bicêtre, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Levallois-Perret, Malakoff,
Montreuil, Montrouge, Neuilly-sur-Seine, Nogent-sur-Marne, Pantin, Puteaux,
Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-mandé, Saint-Maurice, Saint-Ouen, Suresnes,
Vanves et Vincennes.
(**) Les agglomérations sont déterminées par le Schéma Directeur de l'Aménagement
de l'Urbanisme.
Plafonds de ressources des locataires Les ressources des locataires (figurant
sur les avis d'imposition N-2 par rapport au jour de la location) dans le neuf
et dans l'ancien ne doivent pas être supérieures aux limites ci-dessous. (Le
bailleur continue de bénéficier du dispositif, même en cas de dépassement des
limites en cours de bail).
|
Composition familiale
|
|
f
|
Régions
|
Ile-de-France |
| Personne seule |
97 200 F
|
116 430 F
|
| Couple marié |
148 830 F
|
191 350 F
|
| Personne seule ou couple marié avec une personne à charge |
178 190 F
|
229 830 F
|
| Avec deux personnes à charge |
215 650 F
|
274 370 F
|
| Avec trois personnes à charge |
253 110 F
|
325 000 F
|
| Avec quatre personnes à charge |
285 510 F
|
365 490 F
|
| Majoration à partir de la cinquième personne |
+ 32 400 F
|
+ 41 510 F
|
Sécurisation du bailleur
La sécurisation est gratuite pour le bailleur, quel que soit le statut professionnel
de son locataire pourvu simplement, qu'un organisme collecteur du 1% logement
soit associé à la signature du bail. Dans le neuf comme dans l'ancien, les bailleurs
peuvent percevoir directement l'allocation logement dont bénéficie éventuellement
le locataire, sans avoir besoin de l'accord du locataire. En outre, une garantie
de loyers impayés s'applique pendant 9 mois en cas de chômage du locataire.
Cette garantie est de 3 ans si le bailleur autorise l'organisme collecteur du
1 % logement à présenter un salarié d'une entreprise cotisant au 1%. Dans ce
cas, la garantie fonctionne dès que le locataire subit une d'une baisse imprévisible
des revenus (supérieure à 30 %, non limité au seul cas de chômage).
Un exemple permet de saisir tout l'attrait de ce dispositif : Soit l'acquisition
d'un appartement de 50 m² au Kremlin-bicêtre au prix de 700 000 F, loué au prix
3750 F par mois (soit 75 F par m²).
Loyers annuel = 3750 x 12 = 45 000 F
Déduction forfaitaire sur les loyers = 45 000 F x 6 % = 2700
Intérêt d'emprunt déductibles = 45 000 F
Amortissement Besson = 700 000 F x 8 % = 56 000 F pendant les 5 premières années
Amortissement Besson = 700 000 F x 2,5 % = 17 500 F pendant les 4 premières
suivantes
Pour un contribuable imposé à 43%, l'économie d'impôt est égale à :
45 000 F (de revenus locatifs) - ( 2 700 F (déduction forfaitaire) + 45 000
F (intérêts d'emprunt déductible) + 56 000 F (amortissement BESSON)) = - 58
700 F de déficit foncier.
Il en résulte :
58 700 F x 43% = 25 241 F par an pendant les 5 premières années
20 200 F x 43% = 86 86 F par an pour 4 les années suivantes.
Au total, l'économie d'impôts est de 160 949 F sur 9 ans et 213 065 F sur 15
ans.
LOI MALRAUX
Le dispositif Malraux donne la possibilité aux propriétaires d'immeubles anciens,
entièrement restaurés et donnés en location, de déduire de leur revenu global
le déficit foncier résultant des travaux et restauration réalisés. Sont concernées
les personnes physique ou associé d'une société non soumise à l'impôt sur les
sociétés.
Cependant, les immeubles loués doivent être situés dans une zone de protection
du patrimoine architectural urbain et paysagé ou dans un secteur sauvegardé
publié. Si le secteur sauvegardé n'est pas publié, une déclaration d'utilité
publique prescrivant les travaux de restauration est nécessaire. En outre, l'opération
doit porter sur la restauration complète d'un immeuble bâti à l'initiative des
propriétaires ou d'une collectivité publique. Le logement doit être loué dans
les 12 mois suivant la fin des travaux. Il doit s'agir de la résidence principale
du locataire pendant au moins 6 ans. Si le logement est détenu par le biais
d'une société non soumise à l'impôt sur les sociétés, la société doit s'engager
à le louer 6 ans et l'associé doit s'engager à conserver les parts de la société
pendant la même durée de 6 ans.
Les dépenses de travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration et les
dépenses de travaux de démolition et de modification prescrits sur le plan de
sauvegarde sont déductibles des revenus fonciers. Les intérêts d'emprunt pour
leur part, sont imputables pendant 10 ans sur les autres revenus fonciers. Quant
aux déficits fonciers, ils sont imputables sans plafonnement, sur le revenu
global. L'avantage fiscal est donc proportionnel au taux marginal d'imposition.
Enfin, signalons que le déficit est pris en compte pour le plafonnement de l'ISF.
MONUMENTS HISTORIQUES
Les propriétaires donnant en location des immeuble classés Monument Historique
ou inscrit à l'inventaire supplémentaire, ou si cette condition n'est pas remplie,
à condition que l'immeuble fasse partie du patrimoine national en raison de
son caractère historique ou artistique et ait fait l'objet d'un agrément spécial
accordé par le Ministère de l'Économie ou par le Directeur Régional des Impôts,
peuvent déduire de leur revenu global le déficit foncier résultant des travaux
de restauration et des intérêts d'emprunt.
Dans ce cadre, les dépenses de travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration
pour les logements ainsi que les dépenses de travaux de démolition et de modification
prescrits en secteur sauvegardé sont déductibles des revenus fonciers. Toutefois,
les déficits fonciers dans ce cas s'imputent sans plafond sur le revenu global,
y compris les intérêts d'emprunt. Il en résulte un gain fiscal proportionnel
au taux marginal d'imposition. Dans ce cas, comme dans le précédent, le déficit
est pris en compte pour le plafonnement de l'ISF.
L'investissement dans les DOM TOM
Dés le 1er janvier 2001, la Loi PONS qui institue un régime favorable de défiscalisation
en faveur des investissements dans lesMiquelon, devrait être abrogée pour laisser DOM TOM et les collectivités territoriales
de Mayotte et de Saint-Pierre-et-
place aux dispositions de la Loi Paul jusqu'au 31 décembre 2006. Actuellement,
le régime de défiscalisation en vigueur est le suivant.
En cas d'investissement dans le secteur du logement de droit commun, l'avantage
est égal à 5% du montant de l'investissement pendant cinq ans, soit au total
25 % pour les années 2000 à 2006. Sont ici visées les constructions ou l'acquisition
de logements neufs à usage d'habitation principale pour le propriétaire ou pour
un locataire pendant une durée minimale de 5 ans, l'achat de parts ou d'actions
de sociétés ayant pour objet la construction de logements neufs Outre Mer loués
vides à des personnes qui en font leur habitation principale.
Dans le secteur locatif intermédiaire, soumis aux conditions de revenus des
locataires et au plafonnement des loyers prévus par la loi BESSON (voir plus
haut), la réduction est de 10 % par an du montant de l'investissement pendant
cinq ans jusqu'au 31 décembre 2002 puis de 5% par an à partir de 2002 jusqu'en
2006.
Pour les autres secteurs (tourisme, hôtellerie, BTP, énergie nouvelle, agriculture,
des transports, de l'artisanat, de la maintenance au profit d'activités industrielles,
et de la production ou de la diffusion audiovisuelle et cinématographique, ...),
l'avantage est de 5% par an pendant cinq ans, soit un total de 25 % du montant
de l'investissement.
Le nouveau dispositif susceptible d'entrer en application à compter du 1er
janvier 2001, devrait s'appliquer aux investissements réalisés entre le 1er
janvier 2001 et le 31 décembre 2006. Il est prévu de supprimer le régime de
déduction fiscale pratiquée sur le revenu global des personnes physiques et
de le remplacer par un dispositif de réduction d'impôt égal à 50 % du prix HT
des investissements productifs. Dans l'hypothèse ou cet investissement serait
financé par une subvention publique, la part correspondant à ce financement
ne pourrait pas donner lieu à réduction d'impôt. Quant aux investissements en
Guyane, à Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon et à Wallis-et-Futuma, ainsi que
pour les travaux de rénovation hôtelière, le taux de la réduction d'impôt pourrait
être porté à 60 %. Le nouveau dispositif prévoit que lorsque le bien est donné
en location, le contribuable devra rétrocéder 60 % de la réduction d'impôt à
l'entreprise exploitante sous forme de diminution du loyer et, le cas échéant,
du prix de cession du bien à l'exploitant. Actuellement, un contribuable qui
investit de 300 000 F dans un département d'outre-mer peut actuellement ces
300 000 F de ses revenus imposables. Or, l'avantage fiscal varie en fonction
du taux marginal d'imposition et favorise les plus imposés. Selon les cas, un
contribuable " économise " 129 000 F, 144 000 F et 162 000 F lorsque son taux
marginal d'imposition s'élève à 43 %, 48 % ou 54 %. Après la réforme, l'avantage
fiscal sera proportionnel à l'investissement. L'investisseur bénéficiera d'une
réduction d'impôt de 150 000 F (300 000 F x 50 %) quel que soit le montant de
son revenu imposable et donc son taux marginal supérieur d'imposition.
Pour les non professionnels, c'est à dire les personnes qui n'exploitent pas
elles-mêmes l'investissement, la réduction d'impôt serait plafonnée à 50 % de
l'impôt dû, avant application de la réduction. L'excédent éventuel, dans la
limite du solde de l'impôt sur le revenu, pourrait exclusivement s'imputer sur
l'impôt de l'année suivante, dans la même limite de 50 %. Pour les contribuables
agissant à titre professionnel, l'excédent de la réduction d'impôt sur l'impôt
dû constituerait une créance sur l'Etat. Cet excédent serait utilisé pour le
paiement de l'impôt dû au titre des années suivantes jusqu'à la cinquième année
inclusivement. La fraction non utilisée donnerait lieu à un remboursement à
l'expiration de cette période et ce, dans la limite d'un investissement plafonné
à 10 MF.
Enfin, une nouvelle réduction d'impôt serait créée pour les investissements
immobiliers et les souscriptions au capital de certaines sociétés réalisés entre
le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2006 par les particuliers. Le champ d'application
de cette réduction serait identique à celui de l'actuelle réduction d'impôt.
Toutefois, les souscriptions au capital de sociétés concessionnaires de service
public local à caractère industriel et commercial seraient exclues et le montant
des investissements éligibles serait plafonné à 10 000 F par mètre carré de
surface habitable pour les logements affectés à l'habitation principale du contribuable.
La réduction d'impôt serait étalée sur cinq ans. Le taux de la réduction d'impôt
applicable à chaque fraction annuelle serait de 25 % et de 40 % pour les investissements
réalisés dans le secteur locatif intermédiaire.
Pour achever ce rapide tour d'horizon des différents régimes de défiscalisation,
il convient de faire un détour par le régime fiscal applicable au bénéfices
industriels et commerciaux, qui sont le fait des bailleurs qui louent leurs
logements en meublé.
Les revenus fonciers imposés au titre des BIC
Dès lors qu'un bailleur signe avec son locataire un contrat de location meublée,
le revenu de cette location n'est plus fiscalement considéré comme un revenu
foncier. Il s'agit d'un bénéfice industriel et commercial soumis à un régime
particulier d'imposition variable selon que le bailleur est considéré comme
un loueur professionnel ou non professionnel.
Pour être considéré comme loueur professionnel, le propriétaire doit être
inscrit au registre du commerce, ce qui suppose qu'il loue au moins deux logements
meublés et qu'il soit commerçant au sens du droit commercial. D'autre part,
les recettes annuelles tirées de l'activité de meublé doivent être supérieures
à 150 000 F (taxes comprises) ou doivent représenter, au moins, 50 % de ses
revenus. L'imposition dans ce cas, porte sur le bénéfice net du loueur qui est
égal à la différence entre le total des gains bruts de l'année précédant l'imposition
et le total des charges supportées par le bailleur au cours de la même période.
Lorsque la différence entre les revenus du meublé et les charges est négative,
le loueur professionnel peut déduire ce déficit de ses autres revenus. Le bénéfice
est imposable soit selon le régime des micro-entreprises, soit celui du bénéfice
réel, réel simplifié ou réel normal.
L'imposition des revenus des locations meublées
Lorsque les recettes imposables ne dépassent pas 500 000 F par an, le régime
des micro-entreprises, qui est le régime du droit commun pour les loueurs en
meublé, s'applique. Les bailleurs ne payent pas la TVA, soit parce qu'ils bénéficient
de la franchise, soit parce qu'ils en sont exonérés. De même, ils n'ont pas
à remplir de déclaration de résultat spécifique. Ils indiquent directement sur
leur déclaration de revenu N° 2042 le montant du chiffre d'affaires annuel ainsi
que les plus ou moins values réalisées au cours de l'exercice. Un état mentionnant
les éléments nécessaires aux services fiscaux doit être joint à la déclaration
des revenus. Le régime réel simplifié s'applique aux loueurs dont les recettes
annuelles imposables sont comprises entre 500 000 F et 5 000 000 F. Le réel
simplifié peut toutefois s'appliquer sur option pour le loueur qui aurait pu
être imposé au régime micro-entreprise. Quant au régime du bénéfice réel normal,
il est obligatoire lorsque les recettes annuelles sont supérieures à 5 000 000
F et optionnel pour le loueur imposable au réel simplifié.
L'imposition des loueurs non professionnels
Le loueur non professionnel est le bailleur qui loue en meublé mais qui ne
remplit pas les conditions fixées par la réglementation pour être considéré
comme loueur professionnel. Son bénéfice imposable est déterminé de la même
façon qu'un loueur professionnel. Toutefois, ses déficits ne sont pas imputables
sur son revenu global et ne sont déductibles que des bénéfices retirés d'autres
activités BIC non professionnelles au cours de la même année ou des 5 années
suivantes.
D'autre part, les régimes d'imposition sont les mêmes que ceux prévus pour
un loueur professionnel. Toutefois, pour calculer le bénéfice net du loueur
non professionnel, l'administration fiscale applique un abattement forfaitaire
de 70%. Ce régime s'applique de plein droit, mais les contribuables peuvent
opter, en écrivant au service des impôts, soit pour le régime micro-entreprise,
soit pour le régime réel, simplifié ou normal.
L'imputation des déficits des locations meublées
Lorsqu'un loueur non professionnel soumis au régime du bénéfice réel subit
un déficit, il ne peut en principe l'imputer uniquement sur les revenus de ses
autres activités imposées au titre des bénéfices industriels et commerciaux
non professionnels, et ce, pendant les cinq années qui suivent leur réalisation.
Le régime des micro-entreprises quant à lui, ne permet pas de constater un déficit.
Quant aux loueurs professionnels, ils ont la possibilité d'imputer les déficits
des meublés sur le revenu global, à condition que ces déficits ne proviennent
pas d'amortissements exclus des charges déductibles.